Cesc Fabregas a crevé l'écran face aux stars de la Juventus Turin. A 18 ans à peine, le jeune prodige espagnol a mené les Gunners à la victoire en quart de finale aller de la Ligue des Champions (2-0). Au-delà de sa remarquable performance contre les Italiens, l'ex-pensionnaire du Barça incarne à merveille l'avenir d'Arsenal imaginé par Arsène Wenger. Intelligent, technique et très vif, le milieu de terrain espagnol est en passe de succéder à l'immense Patrick Vieira sur le pré et dans le c½ur des fans d'Highbury. Rien que ça.
Fabregas debout, Vieira à terre, tout un symbole...Cesc Fabregas est un impertinent. Du haut de ses 18 ans, le gamin d'Arsenal n'a cessé de faire tourner en bourrique la Vieille Dame turinoise, mardi à Highbury devant les caméras du monde entier. Omniprésent dans l'entre-jeu, passeur, buteur, l'étoile montante du football espagnol s'est régalé face aux Italiens en quart de finale aller de la Ligue des Champions (2-0). Au plus grand bonheur d'une formation londonienne désormais placée sur orbite en vue de l'accès au dernier carré de la compétition européenne.
"Je me sens de plus en plus fort après chaque séance d'entraînement et chaque rencontre", déclarait le prodige ibère à l'issue de la rencontre. Une partie qui l'a vu inscrire un but plein de maîtrise en première période, avant d'offrir celui du K.O à son capitaine Thierry Henry. L'entente fut d'ailleurs parfaite entre les deux hommes, mardi soir, laissant augurer une brillante collaboration à venir. A condition, bien évidemment, que le Français ne déserte pas les rangs des Gunners cet été.
Fabregas, lui, même s'il ne manque pas de propositions -le Real serait très intéressé-, devrait encore faire les beaux jours d'Arsenal à qui il est lié jusqu'en 2011. La formation britannique qu'il a rejoint en octobre 2003, en provenance du Barça, précédé d'un joli pedigree en sélection nationale. Elu meilleur joueur et meilleur buteur de la Coupe du monde des –17 ans en 2003, puis décisif lors de l'Euro suivant, toujours avec les –17 ans, le natif de Arenys de Mar, né en 1987, ne pouvait pas échapper au radar d'Arsène Wenger.
Henry dithyrambique
Recruteur hors pair de talents, le technicien français a su trouver les mots pour amener le gamin sur les bords de la Tamise. Un choix que ce dernier ne regrette pas le moins du monde, presque trois ans plus tard: "Je suis vraiment heureux d'avoir pris la décision de venir à Arsenal et de quitter l'Espagne si jeune. Beaucoup de personnes m'ont fait confiance. Je suis très heureux de pouvoir leur rendre", déclarait-t-il à l'issue de sa prestation contre la Juve.
Il faut dire que Cesc Fabregas n'a pas perdu de temps depuis son arrivée en Angleterre. Sitôt arraché au club catalan, contre Rotherham en Cup, il devient, à 16 ans et 177 jours pour être précis, le plus jeune titulaire de l'histoire d'Arsenal. Son éclosion aux yeux du grand public est intervenue la saison dernière. En 2004-2005, il s'installera en effet peu à peu dans l'équipe type d'Arsène Wenger. Sa progression suivra naturellement son cours lors de l'exercice 2005-2006, l'Espagnol étant apparu à 26 reprises dans le onze de départ en Premiership depuis le début de la saison. "Seul Rooney ou Ronaldinho possédaient le même talent à son âge", s'emballe même Thierry Henry à son sujet.
Sans oublier Patrick Vieira dont de nombreux observateurs ont fait de Fabregas le digne successeur sur le billard de Highbury. Une comparaison qui gêne aux entournures le principal intéressé: "Patrick est un exemple. Son ambition, son caractère, sa puissance: il peut tout vous apprendre." A bien y réfléchir, l'Ibère ne semble pas si impertinent que cela.